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LA CHAINE DE L’HOMME FORT LOUIS RATISBONNE Gontran osait aimer Elsa, du sang des rois ; Le Roi lui dépécha sept archers pour le prendre, Mais Gontran était fort, et sommé de se rendre, Il en mit quatre en fuite, il en immola trois. On le surprit de nuit,...
* LE « PAYS» CHARLES CROS La cuisine est très propre et le pot au feu bout Sur le fourneau. La bonne attendant "son troubade" épluche en bougonnant légumes et salade. Ses doigts rouges et gras avec du noir au bout, Trouvent les vers de terre entre les...
LE THE VALERY VERNIER Magnétiseur aux mains brûlantes, Envoyé de l’Empire vert, Qui rend les âmes nonchalantes aux raouts du Paris d’hiver, Soutiens les forces nonchalantes De ces mondains, qui, privés d’air, Chaque nuit, victimes galantes, S’étouffent...
SANS DOMICILE JEAN RICHEPIN Qui ? Moi, sans domicile ? Si on peut dir ! J’en ai rien, J’en ai des cent et des mille, Seul’ment j’en trouve pas un de bien. J’couch’ queque’fois dans des batisse’, Mais on en sort blanc partout, Ca vous donn’ l’air d’un...
TES YEUX BLEUS MAURICE ROLLINAT Tes yeux bleus comme deux bluets Me suivaient dans l’herbe fanée Et près du lac aux joncs fluets Où la brise désordonnée Venait danser des menuets. Chère ange, tu diminuais Les ombres de ma destinée Lorsque vers moi, tu...
BOUQUET DE PENSEES - "Vouloir oublier quelqu’un c’est y penser" La Bruyère __________________________________________________________ - " La pauvreté manque de beaucoup de choses, l’avarice de tout." H. Murger est un écrivain français né le 27 mars 1822...
L E BASSIN DES TUILERIES ALPHONSE GRILLET Dans un beau jour de Mai des enfants frais et blonds Lançaient sur le bassin que caressait la brise Des petits objets d’art, ces bâtiments mignons, Parés coquettement d’un peu de toile grise. Frêles nefs, en voyant...
Les yeux Sully Prudhomme Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux, Des yeux sans nombre ont vu l’aurore ; Ils dorment au fond des tombeaux Et le soleil se lève encore. Les nuits plus douces que les jours Ont enchanté des yeux sans nombre ; Les étoiles brillent...
C ARREFOUR Andre gill Carrefour de l’observatoire. Un danseur de corde, devant Les badauds, exerce en plein vent Sa verve funambulatoire. Tout son corps vibre comme un luth ; Hystérique, amoureux du vide, Il verse sur la foule avide L’effluve de ses nerfs...
LE MONDE LAFITEAU Qu’est ce que le monde ?… C’est un théâtre public où tous les acteurs se jouent mutuellement les uns les autres, où chacun se produit sous le masque du déguisement, où la scène est toujours chargée d‘intrigues, où la machine est toujours...
CHAMBRE A LOUER ARMAND MASSON Mon coeur pour le moment est une chambre vide : Ma locataire, après une terme de trois mois, Sans laisser trop de pleurs à ma paupière aride, Vient de déménager à la cloche de bois. Je n’ai point retenu son humeur vagabonde...
EVE GEORGES COURTELINE Nos deux premiers parents pleuraient ce paradis Dont ils ne devaient plus, hélas être les hôtes, Et tremblaient sous la voix qui, des montagnes hautes, Terrible, leur criait : « Allez, partez, maudits ! » Eve, de ses cheveux qui...
.. Epithaphe du Baron Brisse Charles Monselet "…..jusqu’au dernier moment, le Baron BRISSE combatit le grand combat gastronomique. La mort le surprit la plume et la fourchette à la main. Dans le modeste village de Chatillon où il digère sa vie, je propose...
Waterloo Louis Dépret …..C’est pourtant la simple vérité, je n’ai vu là que de l’herbe. C’était la saison, pareille à celle-ci, où l’herbe resplendit, haute, verte, lustrée, murmurante, insensible à notre vie ou à notre mort. Et voilà donc ce que sont...
LE SYLPHE ALEXANDRE DUMAS Je suis un sylphe, une ombre, un rien, un rêve, Hôte de l’air, esprit mystérieux, Léger parfum que le zéphir enlève, Anneau vivant qui joint l’homme et les dieux. Dans mon corps pur les rayons diaphanes Flottent, mêlés à la vapeur...
Coquelin Cadet en mascarille par Antoine Bourdelle AU CIRQUE COQUELIN CADET Un monsieur, aux premières, a son tuyau de poils sur la tête ; Ce tuyau empêche, aux secondes, un gavroche de voir le spectacle. Le gavroche crie - Otez vot’ chapeau, M’sieu,...
AU MUR DE MA CELLULE HENRI MURGER Au mur de ma cellule, ainsi qu’un antiquaire, A qui cinq ans ont fait un linceul de poussière, pour tout autre que moi, symbole incompris, de mon premier amour j’ai cloué les débris. Ô jours qui n’êtes plus, jours qui...
LE CONVALESCENT Alphonse GRILLET H ier, on m’a donné du blanc de volaille, Et, tout guilleret, malgré ma pâleur « Combien croyez-vous vraiment qu’il me faille « Attendre de jours » dis-je à mon docteur, « Entre mes deux doigts pour serrer sa taille «...
FANTAISIE GERARD DE NERVAL Il est un air pour qui je donnerais Tout Rossini, tout Mozart et tout Webre, Un air très vieux, languissant et funèbre Qui pour moi seul a des charmes secrets. Or chaque fois que je viens à l’entendre, De deux cents ans mon...
MONACO THEODORE DE BANVILLE C’est le paradis où l’orange Cause avec la pomme de pin, C’est ce joli pays qu’on range Dans une boite de sapin. Auprès de cette mer en fête, amoureuse du seul zéphir, Qu’un Janisset bizarre a faite Avec un morceau de saphyr...
LE HOMARD PAUL BILHAUD Texte en 5 SCENES SCENE I Le homard ?….. Ah !… Hier encore Je l’adorais, le homard, moi ; Eh bien aujourd’hui, je l’abhorre, Je l’abhorre, et voici pourquoi : D’abord, il est bon de vous dire Que je suis marié d’hier ; Un vrai mariage...
LE HOMARD PAUL BILHAUD SCENE II Dans la chambre pas de lumière…. Cela me parut surprenant ; Mais je pensai : « Bah ! C’est sa mère « Qui l’aura soufflé en partant ! » Soudain, un cri se fait entendre ! Je reste dans le statu quo, Et ne tarde pas à comprendre...
LE HOMARD PAUL BILHAUD SCENE III En m’habillant, je crus entendre Le mari qui se dirigeait De mon côté , sans plus attendre, Persuadé qu’il me cherchait. Au milieu d’une nuit complète Je mis la main sur un placard, Et j’entrai dans cette cachette En m’en...
LE HOMARD PAUL BILHAUD SCENE IV ……… . et le mari …. Entra. Ca tournait au tragique !….. Enfin, Messieurs, me voyez-vous Dans ma position critique Entre ces deux bêtes, l’époux Et le homard ?…. La grosse bête - Vous voyez laquelle – tenait Dans sa main...
MORALITE MARC ANTOINE DESAUGIERS Enfants de la folie Chantons ; Sur les maux de la vie Glissons ; Plaisir jamais ne coûte De pleurs ; Il sème notre route De fleurs Oui, portons son délise Partout !…. Le bonheur est de rire De tout ; Pour être aimé des...