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L’ATTENTE PAUL DELAIR Elle montait toujours à la même heure, pâle Et lente, l’escalier du cloître, au fond des bois, Et d’une niche obscure où rêve un christ en croix, Considérait l’espace où poudroyait le hâle. On ignorait son âge et son nom. Virginale...
AU JARDIN PHILOXENE BOYER J’ai mis mon coeur sous une rose : En cherchant vous l’y trouverez Avec ses souvenirs dorés, Ses regrets, son ennui morose. Demain la corole déclose, Lorsque vous la regarderez, N’aura plus ces tons énivrés Qu’un rayon de soleil...
CARNAVAL CHARLES MONSELET Voici le temps des bals ; Clorinde, qu’en dis-tu ? Mettons nous vite à nos toilettes. Moi, je veux être un clown harnaché de sonnettes Et coiffé d’un bonnet pointu. Toi, tu seras marquise, avec des violettes Aux creux de ton...
LE HOMARD PAUL BILHAUD SCENE V (voir quatre scènes précédentes) Mais je tins bon. J’eus la constance Des fiers romains du temps passé ; Pensant : « C’est encore une chance « Que ce soit lui qui m’ait pincé ! » Le mari sortit sans rien dire, Sans soupçonner...
LE TROUBADOUR ARMAND MASSON Le troubadour du moyen âge, Au temps des féodales cours, Allait de la ville au village Et du castel jusqu’aux faubourgs ; Comme on reçoit une alouette, Porte bonheur de la maison, On accueillait le gai poète A chaque nouvelle...
LA MORT ET LA VIE LOUISE BERTIN Si la mort est le but, pourquoi donc sur les routes Est-il dans les buissons de si charmantes fleurs ? Et lorsqu’au vent d’automne elles s’envolent toutes, Pourquoi les voir partir d’un œil mouillé de pleurs ? Si la vie...
LE MAÎTRE DE FORGES ALBI0N VALABREGUE (pièce en cinq actes et cinq vers, avec épilogue.) - ACTE I Claire (seule) Le duc ne m’aime pas ! (à Philippe qui entre) Monsieur! à vous ma main !….. - ACTE II Philippe (amoureusement) Voulez-vous ? Claire Pas ce...
SONNET A LA REINE ARMAND MASSON Pour un civet il faut un lièvre : Il faut une idée au sonnet. Prenez la délicate et mièvre : Un déjeuner de sansonnet. Dans une coupe de vieux Sèvre Faites la fondre un tantinet Avec ces mots doux à la lèvre Que Bensérade...
LA MAISON DU MOUSTOIR A. BRIZEUX Ô maison du Moustoir ! Combien de fois, La nuit, Ou quand j’erre le jour, dans la foule et le bruit, Tu m’apparais !...Je vois des toits et ton village, Une grêle fumée au dessus, dans un champ Une femme de loin appelant...
L’HIRONDELLE H. DE LATOUCHE Dès qu’avril renaîtra, j’ouvrirai ma fenêtre Plus tôt et de plus loin pour la voir apparaître ; J’éteindrai sous ton vol, hôte religieux, La bleuâtre fumée à mon foyer joyeux. ….Mais si l’épais volet, reste clos à l’aurore,...
I.- EPITAPHE DU SCEPTIQUE PARNY (1753-1814) Ici gît qui toujours douta. Dieu par lui fut mis en problème ; Il douta de son être même. Mais de douter il s’ennuya, Et, las de cette nuit profonde, Hier au soir il est parti Pour aller voir en l’autre monde...
CHANSON ARMAND SILVESTRE Qui sous la lune va chantant Les chansons apprises naguère, Joyeux et le coeur palpitant ? C’est l’archer qui revient de guerre. Il revient par le grand chemin Dont l’air frais gonfle sa narine, Son arbalète dans la main, Une...
M ON ÂNE LEON CLADEL Il avait sur l’échine une croix pour blason ; Galeux, poussif, arqué, chauve et la dent pourrie, Squelette on le poussait tout droit à la voirie : Je l’achetai cent sous, il vit en ma maison. Sa langue avec amour épile ma prairie,...
LE FOUET ALBERT SAMAIN Svelte, au dessus du peuple effaré des chevaux, Le fouet impérieux cambre sa grâce fine Et suspend, aux poils blancs de sa mèche féline Sa cruauté fertile en supplices nouveaux. Il vit : sous lui frémisse une immense stupeur. Il...
Aux Amis du théâtre du Bisse et à nos lecteurs inconnus ! Bonjour ! Depuis maintenant 90 jours nous donnons à redécouvrir des auteurs bien oubliés du XIX ème siècle. Nous « chinons » à travers ce siècle comme dans une brocante ou une salle des ventes,...
F LEUR DES BOIS ET FLEUR DES PLAINES ALPHONSE DAUDET Fleur des bois dit à fleur des plaines : « Ma sœur, de quoi vous plaignez-vous ? Sans cesse de tièdes haleines Vous balancent fraîches et pleines De senteurs et de parfums doux. A vous, ma blonde, la...
F LEUR DES BOIS ET FLEUR DES PLAINES ALPHONSE DAUDET Fleur des bois dit à fleur des plaines : « Ma sœur, de quoi vous plaignez-vous ? Sans cesse de tièdes haleines Vous balancent fraîches et pleines De senteurs et de parfums doux. A vous, ma blonde, la...
L A ROCHE D’ONELLE MAURICE DE GUERIN Les siècles ont creusé dans la roche vieillie Des creux où vont dormir des gouttes d’eau de pluie : Et l’oiseau voyageur qui s’y pose, le soir, plonge son bec avide en ce pur réservoir. Ici, je viens pleurer sur la...
P ENSEE DE BYRON GERARD DE NERVAL Par mon amour et ma constance, J’avais cru fléchir ta rigueur, Et le souffle de l’espérance Avait pénétré dans mon coeur ; Mais le temps qu’en vain je prolonge M’a découvert la vérité, L’espérance a fui comme un songe…...
LE PREMIER DE L’AN JEAN AICARD A la fin du repas, la nappe blanche ôtée, Ils admirent d’un œil quelque fois endormi La boite de couleur, le jour même achetée Et le grand livre d’or, présent d’un vieil ami. Oh ! Les rires d’enfant, comme cela résonne !...
LA FAIM CATULLE MENDES - Ma mère, j’ai faim ! J’ai bien faim ! - Attends ? Ô fils de mes entrailles, Nous allons faire des semailles, Et bientôt nous aurons du p ain . - Ma mère, j’ai plus faim encore ! - Dans ton berceau reste couché ; Attends que le...
A UNE FEMME AUGUSTE VACQUERIE Quand l’auteur du seul poème, Le soir du sixième jour, Ayant tout fait, fit l’Amour, Il s’en admira lui-même. Il se dit : Non, c’est trop beau ! Alors pour le ciel que faire ? Si je mets cela sur terre Que mettre dans le...
LEVER DE SOLEIL DANS UNE CHAMBRE ERNEST CABANER L’air tiède de la chambre, où la nuit règne encore, Fraichit par degré, puis vaguement, les contours Grossissants des objets paraissent noirs et lourds, Masses d’ombres qu’aucun incident ne décore. Meubles,...
HANS FÖH (1er épisode de la vie érrante d'Hans) O’ BENNT C’était un garçon fort étrange, Ses yeux gris et le teint vermeil, Ventrouillet, bouffi comme un ange, Les cheveux couleur du soleil. Sa redingote longue et verte, Lui descendait sur le talon, Sa...
HANS FÖH (2ème et fin de la vie érrante d'Hans) O’ BENNT (suite de la gazette 98)...................................... Les trois allemands s’endormirent, Au roulis du coche, bercés, Et les trois animaux rugirent Dans leur odorat agacés !….. Le tonnerre...